
La ville d'Asilah possède une longue histoire de conquête et de reconquête par les Carthaginois, les Romains, les Chrétiens, les Portugais, les Espagnols et les Marocains. Aujourd'hui, c'est un centre agréable de villégiature, aux maisons peintes à la chaux, avec des fenêtres en fer forgé, et comprenant de nombreux magasins pour touristes. Un nouveau port est en construction et accueillera des yachts de plaisance et des bateaux de pêche. La ville fut également la base du redouté Er-Raissoulis, cruel gouverneur des provinces du Nord au début de ce siècle. Dans le palais d'Er-Raissoulis, vous pourrez voir la terrasse depuis laquelle il obligeait les meurtriers condamnés à plonger de plus de 30 mètres sur les rochers en contrebas. Malheureusement, il ne reste que peu de meubles dans le palais et il y est difficile d'y pénétrer.
C'est là que se déroule en août le Festival International. Ce festival d'une durée d'un mois est une célébration d'art et de musique ainsi qu'une foire aux chevaux. Si vous êtes intéressé par l'histoire, l'archéologie et la mythologie, visitez également le site romain de Lixus près de Larache. C'est là que les Phéniciens établirent leur premier comptoir commercial en Afrique du Nord, et les Romains y construisirent une ville. La légende dit qu'Hercules partit de cette ville pour les jardins des Hespérides afin d'y trouver les légendaires pommes d'or.
Près de Mediya, se trouve la plage de Kenitra, au bord d'un lac d'eau douce appelé Sidi de Bouhaba qui possède une variété exceptionnelle d'oiseaux. On y trouve une multitude d'oiseaux aquatiques, ainsi que des buses, des milans et des hiboux, en effet, la région est connue pour ses rapaces. Il existe un centre éducatif sur la faune au bord du lac, ainsi qu'un camping.
Rabat, que les Français choisirent comme capitale du Maroc en 1912, est une ville très cosmopolite mais d'une certaine façon, bien plus décontractée et calme que Fès ou Marrakech. Depuis l'indépendance en 1956, c'est le siège du gouvernement et le site du palais royal. Une colonie romaine fut construite sur les bords de la rivière Sala et fut appelée Sala Colonia. Elle devint le siège d'un royaume berbère des siècles plus tard. Des années après, une tribu rivale construisit un ribat (couvent ou forteresse) de l'autre côté de la rivière et une nouvelle ville, Salé, se développa. Au 12ème siècle, durant la dynastie almohade, Rabat devint la capitale de Yacoub-al-Mansour (le victorieux). Elle fut alors appelée Ribat al-Fatah (forteresse de la victoire). Al Mansour construisit des remparts et commença la construction d'une mosquée qui devait devenir la plus grande de tout le monde occidental musulman. Elle ne fut jamais achevée car Al Mansour mourut en 1199. La tour Hassan, qui reste inachevée, et les colonnes de la mosquée peuvent être admirées aujourd'hui.
Au 17ème siècle, des réfugiés musulmans, des chrétiens renégats, des pirates mauresques et autres aventuriers commencèrent à se réunir dans les villes de Rabat et de Salé. Ces villes devinrent riches et les corsaires commencèrent à intercepter les bateaux marchands et autres vaisseaux venant d'Espagne et du Portugal. Ils s'intéressaient particulièrement aux bateaux revenant des Amériques, chargés d'or et d'esclaves. Ils formèrent même la république indépendante du Bou Regreg. Leur république ne dura pas, mais la piraterie continua durant une bonne partie du 19ème siècle.
La sagesse de la politique du général français Lyautey, qui fit construire de nouvelles villes auprès des anciennes cités sans les détruire, a particulièrement profité à Rabat. La différence est marquée entre les villes nouvelles plus modernes et cosmopolites et les anciennes médinas, construites par les réfugiés musulmans andalous. La médina est aérée et bien agencée en comparaison avec celles que l'on peut trouver dans d'autres villes. Bizarrement, Rabat n'est pas aussi bien équipée pour le tourisme que ne le sont Fès, Casablanca et Marrakech, mais les articles fabriqués sont de grande qualité. En vous promenant, vous tomberez sur le Souk es Sabat (marché du cuir), le Souk el Ghzel (marché de la laine) ou plus loin encore le Souk as-Sebbat (marché aux bijoux).
Une visite à la kasbah des Oudaias est impérative à Rabat. Outre sa signification historique, il y a une vue magnifique sur l'estuaire de la rivière Bou Regreg jusqu'à Salé sur la rive Nord où les pirates établirent leur république fantoche. La tour Hassan est le monument le plus célèbre de Rabat. Elle devait être d'une hauteur de 60 mètres mais Yacoub-al-Mansour mourut alors que le chantier n'était pas terminé; la tour n'atteignait que 44 mètres, mais la construction s'arrêta. Un tremblement de terre en 1755 détruisit la plus grande partie de la mosquée inachevée qui se trouve à côté de la tour mais les colonnes furent reconstruites depuis. Le beau mausolée de Mohammed V, grand-père du roi, fut construit sur le même site et toute personne habillée correctement peut entrer et admirer ce monument décoré de formes complexes, et ses gardes en splendides uniformes. Tout près, le palais du 17ème siècle de Mulay Ismail abrite le Musée des Arts marocains. Bien que le palais royal du roi Hassan II soit en dehors de cette limite, on peut l'apercevoir depuis la place d'arme sur le côté de la mosquée.
Près de Rabat et de Salé, il faut visiter les jardins exotiques et le zoo national. Les jardins furent créés par M. Francios en 1951. On y trouve, entre autre, une forêt brésilienne tropicale et des jardins japonais et andalous.
Casablanca, ou Casa, est une ville moderne, malgré la grande pauvreté qui y règne. Avec une population de plus de 2,9 millions d'habitants, c'est la plus grande ville du Maroc, et elle possède le plus grand centre industriel ainsi que le port le plus important du pays. Bon nombre de Marocains habitant les campagnes y convergent, à la recherche de travail et de meilleures conditions de vie, ce qui crée un problème de bidonvilles et de pauvreté, de prostitution et de désordre social. Casablanca fut un repère de pirates dès 1260 durant la dynastie des Marinides. A cette époque, elle était appelée Anfa. Cette ville représentait une sérieuse menace pour les Portugais. Après une première attaque par les Portugais, la ville fut vaincue et détruite. Les Portugais attaquèrent une seconde fois et établirent une place forte qu'ils baptisèrent Casa Branca. Après le tremblement de terre dévastateur de 1755, les Portugais quittèrent la ville une fois pour toute.
Ce fut à Casablanca que commença la campagne d'occupation française en 1907. Les Français s'étaient établis à Casablanca et ils s'intéressaient à la laine et aux céréales, deux des principales productions de l'arrière pays de Casablanca. Les marocains commencèrent à s'élever contre les Européens et leurs activités, et il y eut un attentat qui coûta la vie à des Français travaillant sur une ligne de chemin de fer qui traversait un cimetière musulman. La France se prépara à défendre immédiatement ses ressortissants et bombarda Casablanca en représailles. De violents combats éclatèrent et firent près de 20 000 morts. En 1912, le Maroc fut déclaré Protectorat français, et le maréchal Lyautey devint le premier résident général. C'est grâce à son programme de construction que Casablanca possède aujourd'hui de grands boulevards à 3 voies, des parcs, des fontaines et cette atmosphère occidentale que l'on retrouve encore aujourd'hui.
La petite médina délabrée se trouve à côté de la Place des Nations Unies, au centre de la ville, d'où plusieurs routes partent dans toutes les directions. La gare routière et la gare se trouvent à quelques pas de là. Comme d'habitude, on trouve dans la médina des articles en cuir, du cuivre, des tapis, des bijoux et de confortables babouches (chaussures en cuir souple). Il est impératif de marchander; d'ailleurs, c'est plutôt drôle.
Les femmes à Casa participent plus activement à la vie de tous les jours: elles portent des robes à l'occidental et elle ne sont généralement pas voilées. Il serait sage, pour le visiteur occidental, de s'habiller de manière classique et discrète afin de respecter la culture islamique.
Le plus grand monument à Casa, et au Maroc, est la mosquée Hassan II dont le minaret a une hauteur de 210 mètres. Elle fut commanditée par le roi Hassan II, construite avec des fonds publics et terminée en 1993. Cette mosquée est décorée de beaux ornements en bois de cèdre, et contient de magnifiques chandeliers, des sols en marbre vert et or et des mosaïques d'un extrême raffinement. Il n'est malheureusement pas permis aux non Musulmans d'y entrer mais son extérieur, et une vue d'ensemble du haut du grand porche, permet de se faire une idée de sa magnificence.