Le Moyen Atlas et l'Est du pays
Ce fut à Meknés que le grand sultan Moulay Ismail construisit son énorme palais au 17ème siècle. Il fut inspiré par les descriptions du fabuleux château de Louis XIV à Versailles. Il est dit qu'il utilisa 25 000 esclaves chrétiens et 30 000 criminels de droit commun pour construire son palais impérial. Malheureusement, il ne fut jamais terminé et seules de petites parties de ce palais survécurent à la négligence des trois derniers siècles. Par contre, la porte Bab-el-Mansour, est bien préservée et magnifiquement décorée de briques, de mosaïques, de céramiques noires représentant des formes géométriques typiquement marocaines. On y voit également le marbre que Mulay Ismail ramena des ruines de Volibilus. Il est permis aux non Musulmans de visiter le mausolée de Mulay Ismail à l'intérieur de l'enceinte du palais. Il est considéré comme l'une des grandes figures historiques du Maroc. Le seul autre mausolée que les non Musulmans peuvent visiter est à Rabat: il s'agit de celui de Mohammed V, le père de Hassan II, et le grand-père du roi actuel, Mohammed VI.

A près de 33 km de Meknés se trouvent les ruines romaines de Volibilus dont l'origine remonte aux 2ème et 3ème siècles après JC. Volibilus fut habitée jusqu'au 17ème siècle, date à laquelle Mulay Ismail pilla les ruines de marbre pour construire son palais. Les ruines ont été fouillée systématiquement et l'on y voit encore quelques belles mosaïques représentant par exemple Hercules, des nymphes au bain et la toilette d'Hylas par les nymphes. Il existe également une très belle mosaïque montrant Bacchus tiré par un chariot de panthères.

Fès est la plus ancienne et la plus fascinante des cités impériales. Entre les grandes mosquées, les luxueuses médersas et les splendides palais, le touriste peut s'enivrer de l'ambiance typiquement marocaine. Depuis la fin du 10ème siècle et encore aujourd'hui, Fès régenta le commerce, la culture et la vie religieuse au Maroc. Malgré ses nombreux habitants berbères, la ville possède une identité arabe distincte due à l'arrivée de milliers d'Espagnols musulmans venus de Cordoue, ainsi que de Tunisie. Les habitants de Fès sont appelés les Fassis.

La médina (vieille ville) de Fès, appelée Fès-el-Bali (vieux Fès), est connue comme l'une des plus grandes cités médiévales habitées au monde. En plus des magnifiques remparts qui l'entourent, elle possède un enchevêtrement d'allées parfois sombres et sinueuses où l'on trouve toutes sortes d'échoppes, de restaurants et de souks. On dit qu'il existe plus de 9 400 rues serpentant à travers la médina. On peut également découvrir des magasins de tapis dans les vieux palais andalous, des bijouteries, des entreprises de teinture et de vastes tanneries. La tannerie est une activité fascinante à regarder. Des centaines de peaux sont traitées dans des cuves pleines de chaux et de fiente de pigeon. Dans le souk des teinturiers, vous verrez d'énormes cuves de teinture jaune (safran), rouge (coquelicot), bleue (indigo), verte (menthe) et noire (antimoine). Ce sont ces couleurs que vous retrouverez sur les tapis et les céramiques, bien que les teintures chimiques remplacent de plus en plus ces teintures naturelles. De temps à autre, on entend le cri d'alarme du muletier: "balak!", il peut transporter des articles plutôt insolites comme par exemple des têtes de moutons. Vos sens seront véritablement pris d'assaut à Fès-el-Bali et c'est une expérience que vous n'oublierez pas.

En 1258, le sultan mérinide Abu Joussef Yacoub construisit le nouveau Fès, Fès-el-Jdid, juste à côté du Fès-el-Bali. La communauté juive d'autrefois fut subséquemment déplacée dans la nouvelle ville et la première mellah fut créée. La ville nouvelle construite par les Français dès 1916 est à l'opposé des deux médinas. Cette ville est très moderne, propre et élégante, mais il y manque l'atmosphère que l'on rencontre dans les parties plus anciennes de la ville. Mais c'est là que l'on peut trouver les meilleurs restaurants et les meilleurs hôtels.

Fès-el-Bali possède la plus vieille université au monde, l'université Kairaouine qui se trouve dans l'impressionnante mosquée Kairaouine. Elle fut construite entre 859 et 862, et peut accueillir jusqu'à 20 000 fidèles. Ce fut un centre d'étude de l'islam pendant des siècles, et cette mosquée fut tenue en haute estime bien au-delà des frontières du Maroc. Malheureusement, les non Musulmans n'y sont pas admis.

Les non Musulmans sont admis par contre dans la très belle Médersa Bou Inania construite par le sultan mérinide Bou Inania. Médersa signifie 'lieu d'étude' et cette Médersa est le plus beau des collèges religieux de la dynastie mérinide que l'on peut trouver au Maroc. Les œuvres en céramique et les sculptures en cèdre noir sont absolument superbes. Fès fut déclarée monument historique par le général français Lyautey au début du siècle, et bien que plusieurs projets de restauration fussent mis en place, la ville se caractérise par des bâtiments en ruine, dans un état de délabrement général. Les plus petites villes au Sud de Fès n'offrent que peu d'intérêt pour le visiteur. Mais elles permettent néanmoins de se reposer, de se décontracter ainsi que d'explorer la campagne - pause appréciée après le véritable tourbillon de Fès.

La route d'Arzou à Midelt serpente à travers les forêts du Moyen Atlas avec des vues magnifiques sur les plus hauts sommets. Les deux stations de ski d'Ifrane et de Mischliffen dépendent des chutes de neiges aléatoires entre décembre et mars. Le magnifique et tranquille lac de montagne Ageulmane Sidi Ali offre de bonnes parties de pêche, car il y a une abondance de truites, de brochets et de perches. Il est nécessaire d'amener votre propre matériel de pêche. Si vous êtes à la recherche de tapis ou de descentes de lit berbères, il est intéressant d'explorer les marchés hebdomadaires de ces plus petites villes. Le marché d'Itzer est ouvert le lundi et le jeudi. Il existe également un souk de tapis à Midelt où l'on trouve de très belles pièces venant des tribus du Moyen-Atlas.

La route qui mène à Alger traverse Taza puis la ville frontière d'Oudja. Bien qu'elles n'offrent que peu d'intérêt pour les voyageurs, mis à part le shopping dans les marchés, ces villes ont une histoire très intéressante. Taza est une citadelle fortifiée depuis laquelle les sultans essayèrent de contrôler les tribus locales rebelles. Au début du 20ème siècle, le rebelle Bou Hamra qui s'était proclamé sultan à Taza en 1902, fut capturé et jeté aux lions à Fès, après avoir été exposé, si l'on peut dire, dans une cage d'un mètre de haut, posée sur le dos d'un chameau, pendant un mois.

La ville frontière du désert d'Oudja est animée mais il n'y existe aucune attraction touristique. Ce qui pourrait intéresser les touristes néanmoins est le grand moussem annuel qui a lieu en ville, en septembre. C'est à cette occasion que les pèlerins viennent visiter le marabout (mausolée) des saints. Figuig, à 376 km au Sud, est également un poste frontière typique, carrefour de pistes du désert qui traversent le Sahara; elle contient près de 100 000 palmiers qui poussent auprès de puits. Il y fait très chaud en été. Les passeports doivent être tamponnés par la police marocaine à Figuig avant de pouvoir franchir les trois kilomètres qui vous séparent du poste frontière.