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Histoire


Préhistoire

Il y a près de 200 000 ans, on pense que le Sahara était une grande savane dans laquelle les prairies et les forêts regorgeaient d'animaux. Des peintures rupestres de l'époque paléolithique et néolithique, ainsi que des vestiges retrouvés au cours de fouilles archéologiques, nous fournissent la plupart des indications connues sur les premiers habitants du Maghreb. Entre 15 000 et 5 000 avant JC, la culture néolithique apparut en provenance de l'Est et une culture primitive pastorale et agricole se développa.

Carthage, Rome, les Vandales et Byzance

Les Phéniciens et plus tard les Carthaginois établirent des comptoirs commerciaux le long du littoral marocain, de Melilla à l'Est jusqu'à Essaouira sur la Côte atlantique. Certains de ces comptoirs devinrent des cités prospères et attirèrent l'attention des Grecs et plus tard, des Romains en quête de terres à coloniser. Après les guerres puniques qui virent la défaite de l'empire carthaginois, Rome annexa les territoires du Maroc connus alors sous le nom de royaume berbère de Mauritanie. Bien que l'influence romaine fût minime, des centres de culture gréco-romains s'établirent à Lixus et à Volubilis, où Juba II et son fils, Ptolémée régnèrent de l'an 25 avant JC jusqu'à l'an 23 après JC. Juba II, souverain berbère, se maria avec la fille d'Antoine et de Cléopatre, et son règne prospère continua après sa mort, lorsque son fils Ptolémée devint roi. L'influence romaine ne s'exerca jamais vraiment au-delà du Rif et des montagnes de l'Atlas, barrière naturelle qui découragea tous les projets de conquête. En 253 après JC, les Romains se retirèrent et les Vandales prirent le pouvoir mais ne s'intéressèrent qu'aux postes commerciaux de la côte. Les Byzantins eurent également peu d'influence sur les tribus de l'intérieur qui continuèrent à mettre en oeuvre de petites campagnes de rebellion en harcelant les forces impériales et toutes les nouvelles forces coloniales.

L'émergence de l'Islam

Ce ne fut qu'après l'émergence de l'Islam dans la lointaine péninsule arabique en l'an 622 que ces barrières géographiques tombèrent. En l'an 680, Oqba bin Nafi al Fihri traversa l'Afrique du Nord jusqu'à l'Atlantique pour convertir les populations à l'Islam. Al Fihri, dit-on, navigua vers le large des côtes atlantiques pour prouver qu'il n'existait pas d'autres terres à conquérir plus à l'Ouest pour la gloire de l'Islam. Les tribus berbères ne se convertirent pas immédiatement mais, en l'an 710, après une longue campagne, Musa bin Nusayr réussit à convaincre les tribus berbères de devenir des alliés plutôt que des ennemis.

Les Idrisides

En l'an 740, pourtant, les Berbères se rebellèrent de nouveau contre les souverains arabes et les Arabes, dernière force impériale de l'Est qui contrôlait le Maroc, furent vaincus. Puis, un réfugié Chiite évadé de Damas, ville à cette époque gouvernée par la dynastie des Sunnas Abaissa, devint un personnage crucial dans l'histoire du pays. Cet homme, Moula Iris, fut un leader charismatique qui gagna la confiance des Marocains et devint Imam (ou commandeur de la foi) en l'an 787. Il fut empoisonné après un court règne sur ordre du Calife de Bagdad. Son fils monta sur le trône à l'âge de 11 ans et fut couronné sous le nom de Mulay Idriss II. Il fonda la cité de Fès et établit l'une des première université du monde, l'université de Kairaouine, construite en l'an 859 et qui accueille aujourd'hui encore près de 300 étudiants. Moulay Idriss régna pendant vingt ans et établit la première dynastie marocaine: la dynastie Idrisside. Mais après sa mort, en 829, l'état d'Idriss fut divisé de nouveau en principautés

Les Almoravides

Une nouvelle force émergea du Sahara marocain après l'effondrement de la dynastie Idrisside: les Almoravides, descendants d'une tribu berbère de Mauritanie. Ils se convertirent à l'Islam au 9ème siècle. Les Almoravides s'emparèrent du pouvoir lorsqu'un cheikh, de retour de la Mecque, fut choqué par la décadence générale parmi les disciples de l'Islam. Ils commencèrent à prêcher contre la consommation du vin de palme, contre la musique licencieuse et contre d'autres abus. Ils devinrent vite une force considérable et étendirent leur message par le biais d'une guerre sainte (djihad). Ils furent appelés les "voilés" (al-mulathamin) et aussi les "gens du monastère" (al-murabitin). Leur leader, Youssef bin Tachfin, fonda sa capitale, Marrakech, en 1062 et prit le contrôle d'un empire unifié qui s'étendait du Sénégal jusqu'à Saragosse en Espagne. Vers 1140, leur dynastie se morcela, mais la culture marocaine avait bénéficié du contact de la civilisation andalouse, plus développée et plus affluente.

Les Almohades

La tribu berbère qui par la suite prit le contrôle était encore plus orthodoxe dans ses croyances: les Almohades, dont le leader s'appelait Ibn Toumert. Ils accusèrent les Almoravides d'être corrompus par leurs relations avec les Andalous. En 1145, ils expulsèrent les Almoravides de Fès puis de Marrakech. Ils firent la conquête des régions connues aujourd'hui sous le nom de Maroc, Algérie, Tunisie et de certaines régions de Libye. Quand le troisième souverain almohade, Yacoub al-Mansour prit le pouvoir, une souveraineté fut établie dans tout le Magrebh. Son règne fut placé sous le signe de la richesse, obtenue dans les territoires conquis, et il construisit une nouvelle capitale à Rabat. Cette période fut appelée à juste titre l'âge d'or du développement culturel marocain. Les magnifiques grandes portes de Rabat et les splendides minarets en sont la preuve. L'expansion de ce royaume provoqua sa chute. Quand les provinces de l'Est retrouvèrent leur indépendance, le Maghreb fut divisé en trois parties: Ifriqiyya (la Tunisie), l'Algérie et le Maroc. Cette division correspond plus ou moins aux frontières actuelles.

Les Marinides et les Wattassides

Au Maroc, les Marinides (tribu Beni Merin) prirent le pouvoir en 1248, suivis par les Wattassides en 1465. Les Marinides établirent leur capitale à Fès el Djedid (appellée maintenant Fès) et y construisirent des universités et des écoles religieuses. Les Maures avaient développé une grande et puissance culture, mais ces trois siècles amenèrent un déclin inévitable, puis enfin le chaos. Aucun dirigeant de valeur n'émergea et aucun progrès politique ne put être réalisé. Les Wattassides usurpèrent le pouvoir en 1465 alors qu'ils régnaient en fait comme vizirs depuis déjà 45 ans.

Les Sadiens

A cette époque, les Turcs occupaient l'Est du Maghreb, les Portugais et les Espagnols se disputaient les ports de la côte Nord, et les terres de Bled-el-Makhzen étaient de peu d'importance. Le Portugal, suivi par l'Espagne, installa des comptoirs le long de la côte Nord. Cette colonisation se heurta à la résistance de la part des Sadiens, secte guerrière religieuse qui regagna quelques bases. Ils établirent leur capitale à Marrakech, dans le Sud et firent tomber Fès en 1554. Ils contrôlèrent également le Nord. En 1578, les Sadiens battirent les Portugais à la bataille de Ksar-el-Kebir (bataille des trois rois) dont le héros fut l'impressionnant et riche sultan Ahmed al-Mansour le Victorieux. Ce fut également à la fin du 17ème siècle que Rabat et Salé devinrent des bases pour les pirates ou les corsaires qui pillaient les navires voguant sur la Méditerranée et l'Atlantique jusqu'aux côtes de l'Amérique. Ahmed al-Mansour n'y put pas faire grand chose et après sa mort, ses trois enfants déclenchèrent une guerre civile pour sa succession.

Les Alaouites

Les Alaouites succédèrent aux Sadiens vers 1660 et s'établirent comme leaders religieux. Le premier sultan, Mulay Rachid fut assassiné en 1672 et son frère Mulay Ismail prit fermement le contrôle du pays. Il établit sa capitale à Meknès et gouverna de 1672 à 1727. Il fut un leader cruel et tyrannique mais il remporta beaucoup de succès. Il construisit des ponts, restaura les mosquées, les palais et les remparts, et parvint à discipliner les tribus berbères et les pirates. Durant son règne les routes étaient sûres et tout le monde pouvait voyager à travers le pays en toute sécurité. Sa cruauté était légendaire et il n'hésitait pas à couper la tête aux serviteurs qui le contrariaient. Il commença son règne en exhibant sur les remparts de Fès et de Meknès les têtes de 10 000 de ses ennemis. On rapporte qu'il eut entre 360 et 500 femmes qui donnèrent naissance à 800 enfants. Avec autant d'héritiers potentiels, il n'est pas étonnant que le chaos régna de nouveau à sa mort. Cette situation d'anarchie continua pendant plus d'un siècle!

Le sultan Sidi Mohammed fonda le port d'Essaouira et fit du commerce avec les puissances européennes. Sa mort en 1790 fut suivie par une guerre civile. Ensuite, le sultan Mulay Slimane (1792-1822) bouleversa tout le commerce et toutes les relations politiques avec l'Europe en bannissant les consuls européens et en interdisant les exportations, compromettant par la même le seul espoir pour le Maroc de rester indépendant. Le Maroc devint un pays en faillite, avec une forme de gouvernement dépassée. Les tribus du Bled es Siba en profitèrent pour se renforcer en dehors de la sphère d'influence du gouvernement.

Le Maroc devait faire face à cette période à des problèmes bien plus graves que de simples querelles internes liées à l'instabilité. En Europe, les nations devenaient puissantes et les impérialistes s'intéressaient de plus en plus à l'Afrique. La France occupa l'Algérie en 1830 et le Maroc pouvait devenir le prochain pays sur la liste. Le sultan Mulay Hassan essaya de mettre en place des réformes telles que la stabilisation de la monnaie, la rationalisation de l'imposition et le réentrainement de l'armée en 1873, mais il mourut en 1894 alors qu'il essayait de soumettre les tribus qui se rebellaient contre les impôts qui devaient justement servir à financer les réformes.

Le Protectorat français

Entre-temps, les Européens avaient installé une "administration internationale" à Tanger ainsi qu'une industrie du commerce qui ne profitait pas au Maroc. Malheureusement, les fils de Mulay Hassan ne continuèrent pas la politique de réformes et les chefs tribaux, de l'autre côté de l'Atlas, regagnèrent du pouvoir. Les puissances européennes mirent fin à leurs propres disputes concernant les territoires en signant le traité de Fès, et le 30 mars 1912, le Maroc devint un Protectorat français.

Bien que le sultan restât en place, les Français purent défendre le Maroc, le représenter à l'étranger et conquérir le Bled es Siba. Les Espagnols s'emparèrent d'une bande de terres le long de la côte Nord et du Sahara au Sud de Tarfaya. Le général Lyautey prit le contrôle effectif du Maroc et commença la phase de colonisation immédiatement. Il s'ensuivit une politique qui lui amena beaucoup de respect, selon les consignes qu'il avait établies: "N'offensez pas une seule tradition et ne changez pas une seule habitude". Les Français construisirent des routes, des chemins de fer, des barrages, des villes et développèrent le port de Casablanca. Rabat devint la nouvelle capitale et de nouvelles villes furent construites près des vieilles médinas. Les étrangers affluèrent au Maroc et leur nombre atteignait déjà 100 000 personnes en 1929.

Mais les fières tribus indépendantes des montagnes échappaient toujours au contrôle des forces coloniales. Après la première guerre mondiale, les tribus, généralement divisées, s'unirent sous la direction d'Abd el-Krim. Il mena la révolte du Rif et des montagnes du Moyen Atlas. Il avait comme vision un état du Rif indépendant. Il harcela et échappa aux troupes espagnoles et francaises durant plus de cinq ans et il fut à deux doigts de battre les forces espagnols à Annoual en 1921. Les deux forces coloniales s'allièrent alors et ils levèrent une armée de plus de 360 000 hommes qui écrasèrent toute résistance berbère en 1934.

Lorsque la deuxième guerre mondiale éclata, le nombre d'étrangers au Maroc avait doublé. Les prix montèrent et le développement industriel s'arrêta tout net. La lutte armée se transforma en résistance, que menait la classe moyenne qui demandait des réformes bénéficiant aux Marocains. Le Maroc devint un lieu de propagande nazie, qui encourageait les tendances nationalistes dans le reste du pays. En 1943, le Parti nationaliste Istiqlal exigea des droits pour les Marocains et finalement l'indépendance envers la France. Les Français sous-estimèrent la force des mouvements nationalistes qui boycottaient les produits français et qui menèrent plusieurs actions terroristes contre l'administration française. Le sultan Mohammed V sympathisa avec le mouvement qui réclamait l'indépendance, ainsi, les Français le déposèrent, ce qui lui permit d'acquérir le statut de héros.

Indépendance de 1956

En 1955, Mohammed V retourna au Maroc et fut accueilli avec enthousiasme par ses sujets. Il forma le premier gouvernement indépendant. Quand le Maroc obtint son indépendance totale en 1956, il se déclara roi. Monarque très populaire, il mourut en 1961 et son fils Hassan II lui succéda. Le règne d'Hassan II fut stable mais non exempt de soulèvements et de rebellions. Il y eut deux tentatives de coup d'état pour le renverser, et il reçut des menaces de mort. Malgré cela, Hassan II a régné tout en assumant un rôle de leader religieux.

La Marche verte

En 1975, les Espagnols se retirèrent de leurs colonies du Sahara occidental qu'ils occupaient depuis 1960 et où avaient été découverts de riches gisements de phosphate. Ils étaient de plus en plus confrontés à la montée du nationalisme de la part des Sahariens nationalistes et du Frente Popular para la Liberación de Sanguia el-Hamra y Río de Oro (le Front Polisario) formé en 1973. Celui-ci réclamait l'indépendance du Sahara occidental. Au Maroc, le parti de l'Istiqlal revendique ce territoire depuis 1950, ainsi d'ailleurs que l'Algérie, le Mali et la Mauritanie, afin de réaliser leur idéal: un grand Maroc. Lorsque les Espagnols se retirèrent, Hassan II dépêcha 350 000 civils marocains non armés pour reconquérir le Sahara occidental. Ce fut la Marche Verte. Le succès de cette entreprise lui valu le respect de ses concitoyens, mais le Front Polisario, appuyé par la Libye et l'Algérie déclencha une guérilla contre le Maroc.

En 1991, un cessez le feu fut conclu par les Nations Unies et un référendum eut lieu pour décider de l'avenir du territoire. En 1995, le référendum fut ajourné pour une durée indéfinie. En ce moment, la position du roi est assurée, malgré le fait que plus de 600 personnes sont actuellement en détention en raison de leurs activités politiques.

Les funérailles de Feu Sa Majesté le Roi Hassan II ont eu lieu dimanche 25 juillet 1999 à la Mosquée Hassan de Rabat après la prière d'Al-Asr. Son successeur au trône, le Roi Mohammed Ben El Hassan Alaoui, ou Mohammed VI, est né le 21 août 1963, à Rabat. Licencié en Droit et diplômé en droit comparé en 1985, il obtient le diplôme d'études supérieures en sciences politiques en 1988. Il a, par ailleurs, suivi un stage en 1988-89 à Bruxelles au cabinet de M. Jacques Delors, Président de la commission des communautés européennes. Le 29 octobre 1993, il obtient à l'Université Sophia Antipolis de Nice, le grade de Docteur en Droit après la soutenance d'une thèse portant sur la coopération entre l'Union européenne et les pays du Maghreb

Economie


Le Maroc est relativement riche en gisements minéraux dont de la phosphate, du fer, de l'or, du manganèse, du plomb et du zinc. Les autres contributions au Produit Intérieur Brut comprennent la pêche, l'agriculture (céréales et bétail), le tourisme et le secteur industriel en pleine expansion. L'activité économique dépend beaucoup des précipitations. Par contre, l'agriculture marocaine ne produit pas assez pour assurer l'auto-suffisance alimentaire.

Le Maroc peut être classifié comme un pays en voie de développement, avec un taux de croissance national de 8 % en 1994, une faible inflation et un taux de chômage en dessous de 20 %. Les exportations sont quasiment entièrement dirigées vers l'Europe (70 %). Les importations consistent en produits semi-finis et en matières premières qui sont ensuite modifiées par le secteur industriel en pleine expansion. Malheureusement, la production illicite de hachisch est en augmentation.

Population


La majeure partie de la population marocaine, d'un total situé entre 26 et 28 millions d'habitants, a moins de 20 ans. La population est constituée de Berbères et d'environ 10 % d'Arabes, mais il n'est pas toujours évident de pouvoir reconnaître qui est qui. Peu d'Arabes s'établirent dans le pays lors de l'invasion islamique au 7ème siècle et encore moins de ceux qui furent chassés d'Espagne durant la Reconquista. A travers les siècles, ils se sont intégrés aux Berbères.

Plus de deux tiers des Marocains vivent dans les villes; Casablanca avec plus de 2,9 millions de personnes possède la plus grande densité de population. 1,23 millions de personnes vivent à Rabat, Marrakech a 1,4 millions d'habitants et près d'un million vivent à Fès (statistiques de 1995).

Les Berbères habitent les régions montagneuses et quelques parties du désert. Lorsque l'on parle de Maures (du grec "mauros") pour toute la population du Maghreb, on fait une erreur car ce terme ne fait référence qu'à un petit groupe de personnes qui vivent dans la partie Sud du Maroc et certains habitants de la Mauritanie, d'Algérie et du Mali. Ce terme comprend également les Touaregs du Sud de l'Algérie.

A l'origine, il y avait environ 160 000 Juifs au Maroc, dont une partie est d'origine berbère, et qui furent rejoints par des Juifs chassés d'Espagne par les Rois Catholiques au temps de la Reconquista. Quand le nouvel état d'Israël fut fondé, beaucoup d'entre eux quittèrent le Maroc. Dans chaque grande ville et dans la plupart des petites villes, on trouve encore le quartier juif appelé la Mellah, mais aujourd'hui bien peu de Juifs sont encore dans le pays. Parmi les autres groupes ethniques, on trouve des Noirs africains qui furent envoyés au Maroc comme esclaves ou qui s'y rendirent à la recherche de relations commerciales.

Gouvernement


Le Maroc, indépendant depuis 1956, est une monarchie constitutionnelle avec comme capitale la ville de Rabat. Le roi Hassan II, et après sa mort son fils Mohammed VI, sont des monarques d'une longue dynastie qui remonte aux Alaouites et qui gouverna dès le 17ème siècle. Mohammed VI est au pouvoir depuis le 23 juillet 1999, date de la mort de son père, le roi Hassan II. Mohammed VI porte également le titre important de commandeur de la foi car sa famille descend du Prophète Mahomet.

Depuis 1972, la constitution prévoit un système démocratique reconnaissant les partis politiques, les syndicats et autres organismes professionnels. En 1992, les Marocains ont voté par référendum en faveur d'une révision modérée de la constitution. Quoi qu'il en soit, le roi garde le pouvoir de nommer le Premier ministre, et il dispose de bien d'autres pouvoirs encore. Le roi Hassan II était en faveur d'un processus de démocratisation lent mais ferme, et il jouissait de relations cordiales avec ses voisins de l'Europe occidentale en encourageant les liens économiques avec ces pays sans compromettre le caractère islamique du Maroc.

Lors des élections de 1993, les quatre partis de l'opposition constituant le Bloc Démocratique, obtinrent 99 sièges sur 222 alors que le groupe royaliste n'en occupa que 79. Le roi invita ces partis de l'opposition à former un gouvernement national de coalition mais ils refusèrent. Il y a peu de partis politiques, à part l'Istiqlal et le Mouvement Populaire, qui peuvent compter sur le support des Berbères.

Le pays est divisé en 44 provinces elles-mêmes divisées en quelques préfectures puis subdivisées en caïdats (municipalités) dirigées par un caïd (fonctionnaire qui réunit les attributions de juge, d'administrateur et de chef de la police).

Langue


La langue officielle du Maroc est l'arabe. L'arabe marocain est un dialecte dérivé de l'arabe classique, mais il est tellement différent qu'on le considére comme une langue en tant que telle.

Le français est toujours largement utilisé dans les grandes villes depuis l'époque du Protectorat. Les liens économiques et les proches relations avec la France encouragent cet état de fait, primordial pour les affaires, l'éducation et le monde de la presse.

Dans le Rif et les montagnes de l'Atlas, trois dialectes berbères différents sont utilisés et certains Berbères parlent également l'arabe. Dans les montagnes du Rif jusqu'à Fiquig, on parle le riffian. Dans le Moyen et Haut Atlas, le dialecte est appelé par plusieurs noms tels que Braber, Amazigh, Zaian et Tamazight. Dans le Haut Atlas et l'Anti-Atlas, la vallée de Souss et les oasis du sud-ouest, les tribus parlent le Chleuh, le Tashelhaït ou le Soussi.

Une connaissance de l'espagnol peut être utile dans les anciennes zones coloniales espagnoles autour des montagnes du Rif et dans le Sud profond.

Religion


Le pays a 98,7 % de musulmans, 1,1 % de chrétiens et 0,2 % de juifs. L'Islam est la religion officielle de l'état mais elle possède un caractère propre et distinct car le Maroc était longtemps fort éloigné du berceau et des conflits de la foi musulmane. Le roi Hassan II était commandeur de la foi et son rôle d'homme d'état était intimement mêlé à celui de leader spirituel.

Les Musulmans marocains sont des sunnites, de tendance principalement Maliki, une philosophie moins rigide dans son interprétation du Coran (le livre sacré de l'Islam) que les autres courants de pensée. Le mouvement fondamentaliste a peu d'adeptes au Maroc et la nécessité de relations économiques étroites avec le monde occidental encourage une approche plus modérée et libérale de l'Islam. Il existe néanmoins une différence de perception entre les zones urbaines et rurales. L'existence rurale donne une importance spéciale aux moussems (pèlerinages) et aux marabouts (les tombeaux d'hommes saints).

Conventions Sociales


Respectez le code vestimentaire des Musulmans. Il est fortement recommandé, aux femmes surtout, de respecter les usages: couvrez vos épaules, le haut des bras et les jambes. Pour éviter tout problème, portez un foulard - vous en trouverez facilement car il y a un grand nombre de boutiques qui en vendent.